As delivered in French (English version follows)
Intervention de Madame Sanita Pavļuta-Deslandes, Représentant Permanent de la Lettonie auprés des Nations Unies Conseil de sécurité de l'ONU (Haïti)
New York, le 21 janvier 2026
Monsieur le Président,
Nous remercions le Représentant spécial du Secrétaire général pour Haïti, M. Carlos Ruiz Massieu et le Directeur exécutif par intérim de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, M. John Brandolino pour leurs briefings. Nous nous félicitons de la participation des représentants d’Haïti, du Mexique, de la République dominicaine et de la Barbade à cette réunion.
En me référant au rapport du Secrétaire-General et aux développements récents en Haïti, je souhaiterais souligner trois points :
Tout d'abord, nous notons avec préoccupation le manque d’amélioration significative de la situation sécuritaire et l’extension de l’influence des bandes armées au-delà de Port-au-Prince. La Lettonie condamne fermement la violence persistante des bandes et les violations généralisées des droits humains en Haïti, notamment les kidnappings, les violences sexuelles, le trafic d’êtres humains, les homicides, les exécutions extrajudiciaires, ainsi que le recrutement, l'enlèvement et l'exploitation d'enfants par les gangs, souvent de très jeunes enfants.
Cette situation exige un changement radical.
C’est pourquoi, nous soutenons le déploiement rapide de la Force de répression des gangs et la mise en place du Bureau d’appui des Nations Unies (l’UNSOH), conformément à la résolution 2793 du Conseil de sécurité, et encourageons toutes les forces de sécurité internationales et nationales présentes en Haïti à collaborer étroitement afin d’améliorer les conditions de sécurité, dans le plein respect du droit international en matière des droits humains.
Deuxièmement, nous saluons les mesures importantes accomplies par les autorités haïtiennes en vue d'une transition politique, néanmoins nous observons avec une profonde inquiétude que les efforts visant à instaurer une gouvernance de transition légitime, n'aient à ce stade abouti aux résultats concrets. L'échéance du 7 février approche à grands pas.
En ce moment décisif pour l’avenir démocratique d’Haïti, nous exhortons toutes les parties haïtiennes à mettre de côté leurs différends et à s’accorder sur une solution qui bénéficierait d’un large consensus.
En Haïti, une absence d’une gouvernance agrée par les acteurs politiques traduirait pas seulement par une instabilité politique, mais aussi par une absence de protection. Pour la société haïtienne et surtout les femmes et les enfants, cela signifierait des violences impunies, la faim sans assistance et l’angoisse sans secours. Avec plus de huit mille morts dus aux violences de gangs entre janvier et novembre de l'année dernière, 1,4 million de personnes déplacées et 5,7 millions vivant dans l'insécurité alimentaire, Haïti ne peut se permettre davantage de chaos, de violence et de désespoir humanitaire.
Troisièmement, les autorités haïtiennes doivent faire face à un nombre des défis urgents et cruciaux.
La tenue d'élections libres, équitables et sûres est fondamentale pour le rétablissement de l'État de droit en Haïti. Nous saluons la publication du calendrier électoral le mois dernier et soulignons l’impératif de créer les conditions de sécurité nécessaires à la tenue d'élections, crédibles et légitimes sur l'ensemble du territoire haïtien.
Cela comprend les préparatifs techniques et logistiques, notamment l'établissement des listes électorales et l'inscription des électeurs, et l'organisation de la campagne électorale, pour lesquelles une coordination accrue et efficace entre les institutions locales, régionales et internationales sera requise. Il est impératif d'agir sans délai. D’où l’importance du déploiement rapide de la Force de répression des gangs.
Dans ce contexte, nous encourageons vivement les autorités et les parties prenantes haïtiennes à tout mettre en œuvre pour promouvoir processus électoral inclusif, garantissant une participation pleine, égale et réelle des femmes, des jeunes et de l’ensemble de la société civile.
Par ailleurs, le Conseil présidentiel de transition haïtien s'est engagé à faire de la réforme de la justice un pilier de la stabilité nationale. Nous encourageons les autorités haïtiennes à saisir cette opportunité de renforcement du soutien régional et international afin de combattre la corruption, l'impunité et le crime organisé, et à conjuguer ces efforts avec une ferme détermination de traduire en justice tous les auteurs des crimes, y compris les graves violations des droits humains à l'encontre des enfants.
Monsieur le Président,
En conclusion, je souhaite vous assurer que la Lettonie continuera à apporter son soutien au BINUH et la mise en œuvre de l’ensemble des mesures prévues par la résolution 2793 du Conseil. Nous encourageons les autorités haïtiennes à honorer leurs engagements en vue d’améliorer la sécurité, d’assurer une transition politique crédible et de stabiliser la situation humanitaire.
Je vous remercie.
English translation
Statement by H.E. Sanita Pavļuta-Deslandes, PR of Latvia to the United Nations at UN Security Council Briefing on Situation in Haiti
Mr. President,
We thank the Special Representative of the Secretary-General for Haiti, Mr. Carlos Ruiz Massieu, and the Acting Executive Director of the United Nations Office on Drugs and Crime, Mr. John Brandolino, for their briefings. We welcome the participation of the representatives of Haiti, Mexico, the Dominican Republic, and Barbados in this meeting.
With reference to the Secretary-General’s report and recent developments in Haiti, I would like to highlight three points:
First, we note with concern the lack of significant improvement in the security situation and the expansion of armed gangs’ influence beyond Port-au-Prince. Latvia strongly condemns the persistent gang violence and widespread human rights violations in Haiti, including kidnappings, sexual violence, human trafficking, homicides, extrajudicial killings, and the recruitment, abduction, and exploitation of children by gangs, often very young children.
This situation demands radical change.
Therefore, we support the rapid deployment of the Gang Suppression Force and the establishment of the United Nations Support Office (UNSOH), in accordance with Security Council resolution 2793, and encourage all international and national security forces present in Haiti to work closely together to improve security conditions, in full respect of international human rights law.
Secondly, we welcome the significant steps taken by the Haitian authorities towards political transition; however, we note with deep concern that efforts to establish legitimate transitional governance have not yet yielded concrete results. The February 7 deadline is fast approaching.
At this crucial moment for Haiti’s democratic future, we urge all Haitian parties to put aside their differences and agree on a solution that would enjoy broad support from diverse stakeholders.
In Haiti, the absence of agreement over the governance by political actors would translate not only into political instability, but into a lack of protection. For Haitian society, and especially for women and children, this would mean unpunished violence, hunger without assistance, and anguish without relief. With more than 8,000 deaths due to gang violence between January and November of last year, 1.4 million displaced persons, and 5.7 million living in food insecurity, Haiti cannot afford any more chaos, violence, and humanitarian despair.
Third, the Haitian authorities must address a number of urgent and crucial challenges.
Holding free, fair, and secure elections is fundamental to restoring the rule of law in Haiti. We welcome the publication of the electoral calendar last month and emphasize the utmost importance of creating the necessary security conditions for holding credible and legitimate elections throughout Haiti.
This includes technical and logistical preparations, such as the establishment of electoral lists and voter registration, and the organization of the electoral campaign, for which increased and effective coordination between local, regional, and international institutions will be required. It is crucial to act without delay. Hence the importance of the swift deployment of the Gang Suppression Force.
In this context, we strongly encourage the Haitian authorities and stakeholders to do everything possible to promote an inclusive electoral process, guaranteeing the full, equal, and meaningful participation of women, youth, and all of civil society.
Furthermore, the Haitian Presidential Transitional Council has committed to making judicial reform a pillar of national stability. We encourage the Haitian authorities to seize this opportunity to strengthen regional and international support in the fight against corruption, impunity, and organized crime, and to combine these efforts with a firm determination to bring all perpetrators of crimes to justice, including those who commit grave human rights violations against children.
Mr. President,
In conclusion, I wish to assure you that Latvia will continue to support the work of BINUH and the implementation of all measures outlined in Security Council resolution 2793. We encourage the Haitian authorities to honor their commitments to improve security, ensure a credible political transition, and stabilize the humanitarian situation.
I thank you.
